lundi, octobre 18, 2021

SCANDALE/ « Affaire pédocriminalité « : L’Église de France face au désastre

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Les pensées du Pape François « se dirigent en premier lieu vers les victimes, avec un immense chagrin pour leurs blessures et gratitude pour leur courage de dénoncer », a indiqué le porte-parole du Vatican, Matteo Bruni.

« Elles se tournent aussi vers l’Église de France, afin que, ayant pris conscience de cette effroyable réalité […] elle puisse entreprendre la voie de la rédemption », selon lui.

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333 000 mineurs agressés

Le constat dressé par la Commission indépendante sur les abus dans l’Église (ciase) est « accablant » : son rapport estime à quelque 216 000 le nombre d’enfants victimes de prêtres, diacres et religieux depuis 1950.

Nous estimons le nombre à 330 000 si l’on ajoute les agressions par des laïcs travaillant dans des institutions de l’Église (enseignants, surveillants, cadres de mouvements de jeunesse…), a précisé le président de la commission, Jean-Marc Sauvé.

Il a aussi dénoncé « un ensemble de négligences, de défaillances, le silence, une couverture institutionnelle qui ont présenté un caractère systémique ».

« L’Église n’a pas su voir, n’a pas su entendre, n’a pas su capter les signaux faibles, n’a pas su prendre les mesures rigoureuses qui s’imposaient », a-t-il estimé, invitant l’institution à prendre sa « responsabilité ».

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De 2900 à 3200 prédateurs

Éric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France, a exprimé « sa honte », « son effroi » et a demandé « pardon ». La voix des victimes « nous bouleverse, leur nombre nous accable », a t-il affirmé.

Véronique Margron, la présidente de la Conférence des religieux et religieuses de France (instituts et ordres religieux), a évoqué de son côté « un désastre » : « que dire, sinon éprouver […] une honte charnelle, une honte absolue ».

Quant à M. Sauvé, il a asséné que l’Église catholique avait manifesté « jusqu’au début des années 2000 une indifférence profonde, et même cruelle à l’égard des victimes » de pédocriminalité. De 1950 aux années 2000, « les victimes ne sont pas crues, entendues, on considère qu’elles ont plus ou moins contribué à ce qui leur est arrivé », a-t-il ponctué.

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